Ami(e), lecteur connu ou inconnu vous qui passez par là, ayez une pensée pour :
Le fils du pâtissier
Il a été le rire, il a vaincu les larmes ;
Sa muse a soulevé le voile noir des drames ;
Pétillant, triomphant sur toutes les pistes
Son grand talent rendait modeste l'artiste.
La touche romantique de ses dialogues
Rendait, noble, l'interprétation du monologue,
Sa voix chaude aux saveurs soleil midi
Chantait les mots avec un goût de paradis.
Aux quatre horizons planétaires porte-drapeau
L'acteur réaliste soulevait tous nos maux.
Joyeux, fier, levait haut les bras tel le ravi
Disant à la cantonade « je vous ai compris » !
Fidèle, loyal, écoutait, l'inconnu, ses amis,
Sa soif de l'absolu, étoile, conduisant sa vie.
Amoureux des belles lettres, des boutades,
Raimu, Pagnol, compagnons de ses ballades
Sur la scène ou à l'écran, viennent l'accueillir
Dans la Maison où il aimait se recueillir.
Le célèbre fils du pâtissier, par sa simplicité,
Savait manier la pâte de l'être avec piété ;
Près de sa maison, aux senteurs sucrées,
L'âme provençale bien née, de pureté, s'étoffait,
La plume, compagne de ses nuits parfumées,
Le conduisait vers les sentes de la félicité.
Son inépuisable source puisée à l'Eau de Vie,
Au langage originel, nourrissait son vif esprit ;
Le respect de l'humain ancré dans son cœur
Ouvrait sa pensée vers le Verbe Sainte Fleur ;
Fidèle à lui-même, offrant au jour sa valeur,
Contemplait, méditait l'œuvre du Créateur.
De sa vie ... il ne voulait pas en faire une histoire.
Un jour grave, il choisit de lui retirer sa gloire.
Cet instant lui appartient, il traçait son destin,
Soulevait ses racines dans le sillon du chemin.
Tel un grand sage, ne se retirait pas du monde,
Entrait dans l'infini cercle à l'éternelle ronde.
Respectueux des autres, respectueux de lui,
Sur la pointe des pieds, humblement est parti.
Sans fausse note, le cœur serein, empli de paix,
Il a rejoint Celui et ceux qu'il a tant aimé.
Dans la Grande Maison paisible des Justes,
Au centre de la piste, s'incline l'âme auguste.
Simplement, en silence, il a tiré sa révérence,
Reposé sa main dans La Main avec déférence.
Le souffle éteint, les doigts croisés sur le Livre Saint,
L'acteur-apôtre, en paix, rejoint la Table du Festin.
La flamme de son souhait le plus ardent se réalise
Le Verbe en communion avec l'Esprit l'universalise.
Henri à rejoint son Ange
Le 6 aout 2011

Hommage à Henri Tisot
Ami silencieux, toujours présent dans la joie et dans les tourments
Il est parti, son œuvre est là et accompagnera mes pas.
Anarella
31-08-2011
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